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1 - Fiche projet RuralStruc

Pour mieux comprendre les dynamiques en cours, l’IPAR réalise des études sur les performances actuelles des exploitations familiales et offre une image de l’agriculture à l’horizon 2030. Elle s’implique aussi dans l’analyse et l’identification de perspectives permettant de réduire les écarts de productivité observés et inciter au développement des marchés domestiques.
C’est dans ce cadre qu’elle a participé à l’étude sur les changements structurels dans l’agriculture et le monde rural au Sénégal en partenariat avec Banque Mondiale, FIDA, Coopération suisse, AFD, Coopération française

Années : 2006-2010

Localisation : Delta du Fleuve, Haute et Moyenne Casamance, Nord et Sud-Est du Bassin arachidier

Financements : Banque Mondiale, FIDA, Coopération suisse, AFD, Coopération française

Equipe mobilisée : comité scientifique (Ibrahima Hathie, Bocar Diagana, Pape Nouhine Dièye, Adama Faye, Mamadou Dansoko) et secrétariat exécutif (Jacques Faye, Cheikh Oumar Ba, Madické Niang)

Contexte

En Afrique Sub-Saharienne, il y a une transition économique embryonnaire (faible diversification, rôle toujours prépondérant de l’agriculture, urbanisation à bas régime) couplée à une forte transition démographique (la dernière dans le monde, avec forte augmentation du ratio actifs/inactifs, une cohorte de +10M personnes/an entrant sur le marché du travail, et une projection de +20 M personnes/an en 2030). Face à ce défi démographique, il existe trois options de sortie : spécialisation dans l’agriculture (familiale ou capitaliste ?), diversification hors agriculture et migration nationale, régionale ou internationale.

Objectifs

C’est autour de cette problématique que s’est construit le programme Ruralstruc, qui a pour objectif d’étudier le changement structurel des économies rurales dans la globalisation. D’une durée de 3 ans, il a porté sur la production de données nouvelles par la réalisation d’enquêtes sur le revenu des ménages ruraux dans 7 pays (Sénégal, Mali, Maroc, Madagascar, Kenya, Nicaragua et Mexique) et 26 régions. L’IPAR a été chargée de réaliser l’étude pour le Sénégal, ce qui a permis d’établir une situation de référence de l’agriculture sénégalaise à l’horizon 2030.

Activités réalisées

  1. Revue documentaire et capitalisation des travaux existants
  2. Réalisation d’enquêtes de revenus auprès d’environ 1000 ménages, selon une trame de questionnaire commune aux 7 pays, en choisissant des régions gagnantes (Delta du fleuve Sénégal), des régions perdantes ou en voie de marginalisation (Haute et Moyenne Casamance) et des régions intermédiaires (Nord et du Sud-Est du Bassin Arachidier)
  3. Présentation des résultats au groupe thématique agriculture et développement rural

Principales conclusions

Cette étude a montré qu’il existe une faible concentration des structures agricoles (les exploitations familiales demeurent majoritaires), une faible contractualisation au sein des filières et un mode de distribution qui reste très atomisé. Depuis 1960, la taille moyenne des exploitations a fortement baissé (env. 1 ha/actif) et l’assolement a sensiblement évolué (ex : recul de l’arachide au profit de céréales sèches à cycle court, développement du manioc dans le Nord du Bassin Arachidier, etc).

Au niveau des ménages, l’agriculture apporte de moins en moins de revenus (la part des revenus tirés de l’arachide a ainsi chuté de 73 à 48% au cours des 15 dernières années). Les revenus non agricoles sont aujourd’hui plus importants que les revenus agricoles dans toutes les régions étudiées, hormis en Haute et Moyenne Casamance, où en dépit d’une bonne pluviométrie, la zone reste handicapée par l’absence d’investissements publics.

La population sénégalaise est de 12 millions d’habitants aujourd’hui, avec 200 000 jeunes/an qui arrivent sur le marché du travail (dont 95 0000 en zones rurales) et elle devrait atteindre 20 millions en 2030 (avec 300 000 nouveaux actifs par an). Il apparait ainsi primordial de s’interroger sur la manière d’accompagner cette transition agricole, afin d’accueillir ces nouveaux actifs et réduire la dépendance alimentaire du pays, qui importe actuellement 60% de ses besoins.

Cela nécessite de relancer un débat entre les partenaires économiques et l’Etat sur les processus politiques (place de l’agriculture dans les politiques publiques, aménagement équilibré du territoire, approches territorialisées) et les priorités d’actions pour lever les contraintes identifiées (réforme foncière, amélioration de l’environnement du secteur, des aménagements, des infrastructures, etc.).