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9ème Edition des "Fenêtres sur l’agriculture"

"Après la COP21, quelles stratégies d’adaptation au changement climatique pour la sécurité alimentaire au Sénégal ?", est le thème de la 9ème édition du cycle de débats « Fenêtre sur l’agriculture » qu’organisent la FAO et l’IPAR

Le changement climatique observé pose un risque certain sur l’agriculture et la sécurité alimentaire et nutritionnelle. En effet, il n’existe pas de secteur plus sensible au changement climatique que l’agriculture. Les personnes les plus vulnérables dans le monde sont également celles qui produisent la majorité de la nourriture pour la planète : agriculteurs pasteurs , pêcheurs et sylviculteurs. Si ces derniers ne contribuent que très peu à l’émission des gaz à effet de serre (GHGs), ils sont pourtant les premiers à subir des effets néfastes, causés par le changement climatique. Aujourd’hui, ces effets tendent d’ailleurs à augmenter en fréquence et en intensité. Il s’est également avéré que les pertes de productivité résultant de ce changement sont susceptibles d’aggraver les crises alimentaires déjà récurrentes.
Dans le Sahel, des études ont montré que les rendements des cultures comme le mil/ sorgho pourraient baisser de plus de 10 % en cas d’augmentation des températures de + 2°C et de variations peu significatives des précipitations à l’horizon 2050. Une hausse de +3°C engendrerait une baisse des rendements agricoles de l’ordre de 15 à 25%. Les enjeux du changement climatique, liés à l’agriculture et la sécurité alimentaire, doivent ainsi être davantage pris en compte. Toute la question est de savoir comment rendre l’agriculture plus résiliente face au changement climatique ? Comment réduire de manière significative les émissions de Gaz à effet de serre ?
En décembre 2015, à Paris, la COP 21 a été encore le lieu de débats et de négociations pour limiter l’impact du changement climatique. Ce qui a abouti à un premier accord universel sur le climat entre les 195 parties à la convention cadre des Nation Unies sur les changements Climatiques dont le Sénégal.
Le Sénégal, à l’instar des pays en voie de développement ou le secteur agricole contribue de manière considérable à l’économie, doit ainsi construire un modèle de résilience, pour permettre à ses producteurs, dont 95% sont issus de l’agriculture familiale, de mieux s’adapter face au changement climatique.
C’est dans ce contexte que la FAO et l’IPAR ont organisé ce vendredi 25 mars la 9ème édition du cycle de débats « Fenêtre sur l’agriculture » sur le thème : « Après la COP21, quelles stratégies d’adaptation au changement climatique pour la sécurité alimentaire au Sénégal ? », en présence de M. Vincent Martin, Représentant de la FAO au Sénégal et M. Cheikh Oumar Ba, Directeur Exécutif de l’IPAR, à la salle de conférence du Centre d’Information des Nations Unies (CINU), aux Almadies.
Une centaine de participants, spécialistes, acteurs, jeunes étudiants et journalistes intéressés par la thématiques ont suivi et discuté sous la modération de M. Bara Gueye de l’IIED Afrique les communications de :
Dr. Ibrahima Hathie, Directeur de la recherche à l’IPAR sur l’Impact du changement climatique sur l’agriculture et sur la sécurité alimentaire au Sénégal ;
M. Cheikh Sylla Ndiaye, Conseiller technique Environnement à la Primature : les conclusions phares de la COP 21 et les engagements du Sénégal ;
M. Ibrahima Paul Thiaw, Coordonnateur régional de la Fédération des organisations non gouvernementales (FONGS) sur l’expérience de la FONGS face aux effets du changement climatique.
M. Gora Ndiaye : Producteur initiateur de « Jardins d’Afrique » sur les stratégies développées face aux changements climatiques dans le cadre du projet de développement villageois de Fimela
Mme Wore Gana Seck, Directrice de Green Sénégal et membre du Conseil économique, social et environnemental sur : projet d’amélioration durable de la productivité du riz en sols salés ; cas de Ndoff dans la Région de Fatick

Les échanges qui ont suivi ces présentations soulignés un problème de coopération et de synergie dans le domaine climatique persistait. Les participants ont proposé l’installation d’une banque de données présentant toutes les expériences réalisées au niveau national
De plus, les exploitations familiales subissant en premier lieu les impacts du changement climatique, il est crucial d’impliquer les communautés locales dans le processus d’adaptation.
pour finir, proposé une synthèse des échanges en déterminant six principaux axes à prendre en compte pour faire face au changement climatique et par conséquent, pour tendre à atteindre la sécurité alimentaire et nutritionnelle au Sénégal :

  • Améliorer la gestion et l’accès des connaissances aux producteurs, leur rendre les informations plus accessible, rapprocher les différents acteurs dans les processus.
  • Ne pas perdre de vue les autres facteurs contribuant à renforcer ou à affaiblir la résilience des exploitations aux changements climatiques.
  • Prendre en compte la nécessité d’une appropriation de la COP21 au niveau national et d’une adaptation au niveau local.
  • Elaborer une stratégie afin d’avoir un véritable impact face aux effets du changement climatique.
  • Prêter attention aux différents acteurs, que ce soit au secteur privé, acteur-clé de l’investissement, aux consommateurs, exerçant une grande influence dans les mécanismes de l’offre et la demande, et aux élus locaux, qui ont la charge de la gestion des ressources naturelles et du foncier.
  • Intégrer le défi de la sécurité dans les stratégies d’adaptation au changement climatique pour la sécurité alimentaire au Sénégal.