Think thank sur les politiques publiques dans le secteur agricole et rural en Afrique de l’Ouest

Accueil / Actualités / Vidéothèque / Alioune Dia, coordinateur grappe Agro-industrie de la SCA

Alioune Dia, coordinateur grappe Agro-industrie de la SCA

1er juin 2014

M. Alioune Dia est le coordinateur de la grappe Agro-Industrie de la Stratégie de Croissance Accélérée (SCA), politique intersectorielle mise en œuvre par le gouvernement du Sénégal. Elle s’appuie sur des filières porteuses pour stimuler la croissance, et a pour objectif de structurer l’ensemble des acteurs pour lever les freins identifiés dans chaque secteur.

Nous l’avons rencontré en marge du comité de pilotage de préparation du forum international de la FONGS et du CNCR sur la productivité des exploitations familiales.

1. Comment la Stratégie de Croissance Accélérée (SCA) prend-elle en compte les potentialités des exploitations familiales ?
Actuellement, au Sénégal, les exploitations familiales jouent un rôle majeur dans le développement du secteur agricole et rural. L’agrobusiness s’installe petit à petit, mais l’essentiel de la production est issu du travail des exploitations familiales. On cite beaucoup l’agrobusiness et des entreprises comme les « Grands Domaines du Sénégal », qui a rapidement pris la tête des exportations, mais hormis quelques cas, toutes les exploitations sont en grande partie de type familial. Nos actions sont donc principalement dirigées vers elles ; ce sont aussi des acteurs privés, qui vivent de leur exploitation.

La première action à mener, qui nous semble primordiale, c’est le renforcement de l’organisation au sein des filières. Il faut que les acteurs se regroupent s’ils veulent résoudre leurs problèmes. Nous avons commencé ce travail au sein de la filière arachide, une des filières les plus importantes et les plus soutenues par l’Etat en raison de ses exigences fortes lors de la mise en place de la campagne agricole. Nous travaillons également sur le riz qui connaît une autre forme de complexité : les producteurs et importateurs ne parlent pas souvent le même langage. Nous souhaitons mettre en place une filière de riz local, en recherchant un mode de coordination qui pourrait s’inspirer du même schéma que celui adopté pour l’oignon (avec des suspensions temporaires d’importations pour écouler la production locale), mais il existe actuellement beaucoup de contraintes sur les capacités de stockage et de transformation.
Le travail le plus avancé concerne celui mené au sein de la filière horticole. Nous sommes dans ce cas dans une logique d’exportation avec tout ce que cela implique en termes de gestion, de techniques culturales, de contrôle de la qualité, etc. Le volume des exportations de produits horticoles est passé de 8 000 à 30 000 tonnes entre 2000 et 2010. A chaque fois, nous travaillons à identifier les contraintes, élaborer des pistes de solutions, solliciter les autorités compétentes pour lever les problèmes identifiés. Pour cela, l’organisation et la structuration des producteurs au sein d’une même organisation et la mise en place d’interprofessions sont des éléments capitaux.

2. Vous représentez la SCA au sein du comité de pilotage de préparation du forum paysan sur la productivité des exploitations familiales, quel intérêt voyez-vous dans cette démarche ?
Ce travail contribue à la structuration et au développement des activités du monde rural. Tout le monde doit « mettre la main à la pâte ». La SCA est une stratégie nationale, il est normal que nous participions à la préparation de ce forum, en tant que facilitateur entre le secteur privé, les pouvoirs publics et les institutions. Nous avons de plus une très bonne écoute de la part des partenaires techniques et financiers, qui ont élaboré cette stratégie de croissance accélérée avec l’Etat du Sénégal.
La SCA est prête à jouer toute sa partition et contribuer à tout ce qui pourra renforcer et stimuler les exploitations familiales. Nous sommes là pour accompagner les producteurs et leurs membres, afin qu’ils puissent jouer pleinement leurs rôles : (i) alimenter les familles paysannes et urbaines, (ii) fournir des produits aux industries de transformation locales et (iii) participer aux exportations nationales. L’ambition des exploitations familiales doit aller bien au-delà de nourrir le Sénégal : exporter est aussi possible.

3. Quelles sont vos attentes par rapport à ce forum et à ses suites ?
Ce forum doit permettre d’aller vers encore plus de structuration des organisations, afin d’améliorer le partage des techniques, développer la qualité des produits, assurer plus de formations pour les jeunes de notre pays confrontés au problème d’emplois, etc. D’où l’importance que les exploitations familiales augmentent leurs rendements et la qualité de leurs produits.
Il y a réellement besoin que ces exploitations se développent pour encourager les producteurs jeunes à poursuivre leur activité, autrement il n’y aura bientôt plus que des personnes âgées et des femmes dans les champs. Il faut absolument trouver les moyens de rendre l’agriculture plus attractive. Certains producteurs arrivent très bien à vivre de leur activité. C’est le message que la SCA souhaite partager avec les acteurs des exploitations familiales.