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Filière riz dans l’espace CEDEAO : Le tarif extérieur commun freine la production

9 juillet 2014

L’absence de subvention aux politiques agricoles par les Etats africains, celle des politiques de crédit et du tarif extérieur commun constituent sans doute un frein à la promotion de la filière rizicole en Afrique. Ce sont les grands manquements relevés lors de l’atelier de restitution des résultats de l’évaluation de l’impact du tarif extérieur commun du riz, dans l’espace Cedeao, qui a pris fin hier mardi, à Dakar.Le Réseau des organisations paysannes et des producteurs agricoles de l’Afrique de l’ouest (Roppa) a procédé hier mardi, à Dakar, à la restitution des résultats de l’évaluation de l’impact du tarif extérieur commun du riz dans l’espace géographique Cedeao ( Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest ).

Cette étude recommande entre autres, des mécanismes de défense commerciale souples et des mesures de soutien direct aux producteurs afin d’améliorer les investissements, la structuration et le circuit de commercialisation. « Les résultats de ces travaux indiquent clairement que le tarif extérieur commun de la Cedeao, tel qu’il se décline actuellement aura un impact très limité sur le secteur agricole de façon générale et le secteur rizicole en particulier. Parce que certains pays vont s’en sortir avec une légère augmentation tandis que d’autres avec une légère baisse de la production », a fait remarquer Souleymane Sadio Diallo, vice président du Réseau de la recherche pour l’appui au développement en Afrique (Repad), chercheur au Centre Ivoirien de recherche économique et social. Selon ses explications « le dispositif mis en place ne permet pas de protéger de façon très forte le secteur agricole“. “Mais aussi, on note de faibles capacités de production suffisantes pour réagir aux incitations… », a t-il souligné.

Pour le Béninois Benou Pascal, producteur et président du conseil de concertation des organisations des producteurs de riz de l’Afrique de l’ouest, « les importations de riz pénalisent la production du riz locale en ce sens que ces producteurs bénéficient d’un important soutien de leurs Etats. Tout le contraire de la part de nos Etats. Donc les riziculteurs africains se retrouvent dans une situation de concurrence déloyale et qui fait qu’ils n’arrivent pas à améliorer les conditions pour rendre le riz plus disponible. Et mieux, nos chefs d’Etats ont adopté un tarif extérieur commun pour le riz à 10%. Un taux de taxation le plus faible au monde. Or, nous pouvons produire du riz de qualité qui sera pas stocké pendant des années contrairement aux pays producteurs ».

Selon Aliou Diagne, chef du programme politique et évaluation d’impact, « En dépit du faible taux de production du riz paddy qui est 20% de la consommation nationale en riz, des progrès remarquables sont notés ces dernières années. Il s’y ajoute l’absence de crédit à même d’accompagner les initiatives des producteurs africains ».