Think thank sur les politiques publiques dans le secteur agricole et rural en Afrique de l’Ouest

Accueil / Actualités / Vidéothèque / Jean Pierre Senghor, Directeur de cabinet du ministre en charge de la (...)

Jean Pierre Senghor, Directeur de cabinet du ministre en charge de la jeunesse, de l’emploi et de la promotion des valeurs civiques

1er juin 2014

Entretien avec Jean Pierre Senghor, Directeur de cabinet du ministre en charge de la jeunesse, de l’emploi et de la promotion des valeurs civiques, en marge de la seconde édition de « Fenêtre sur l’agriculture », sur le thème « Emploi des jeunes et Agriculture au Sénégal » organisée par l’IPAR et la FAO, vendredi 24 janvier 2014.

IPAR : Pouvez-vous revenir sur l’importance de cette rencontre ?

Jean Pierre Senghor : La rencontre a été très importante, déjà le thème nous interpelle. L’emploi des jeunes et l’agriculture on ne pouvait pas trouver mieux. Le gouvernement a pris l’option de faire de l’agriculture un secteur clé qui devra porter la croissance et qui est capable de créer une masse critique d’emplois. C’est pour cela d’ailleurs lorsqu’on m’a annoncé cette rencontre je suis venu avec beaucoup de plaisir et d’engagement.

IPAR : La question de la formation est revenue largement lors des échanges, est ce que pour dire que les jeunes ne sont pas suffisamment formés ?

Jean Pierre Senghor : Les jeunes ne sont pas assez formés, c’est vrai, on peut le dire. La formation est une question centrale lorsqu’on aborde ces problématiques. Jai entendu lors des échanges quelqu’un dire on n’a pas besoin de sortir de Harvard pour ce qui est de l’agriculture, c’est faux, je dis souvent aux jeunes, aller le plus loin possible dans vos formations parce que c’est ça la clé de votre succès. Formation ne veut pas dire forcément celle académique mais soyez parmi les plus forts dans ce que vous voulez faire. La formation elle est centrale c’est pourquoi les projets que nous allons mettre en œuvre, elle est un dispositif important de pouvoir permettre à ceux là qui veulent s’insérer dans le secteur agricole d’y aller comme des professionnels.

IPAR : Quelle est la responsabilité de l’Etat dans la formation des jeunes ?Jean Pierre Senghor, Directeur de cabinet du ministre en charge de la jeunesse, de l’emploi et de la promotion des valeurs civiques

Jean Pierre Senghor : Forcément l’Etat a son rôle régalien. C’est un problème général et le Sénégal ne fait pas l’exception. L’Etat forme des jeunes qui vont se retrouver dans le marché de l’emploi, alors que les formations pour lesquelles ils ont passé des années à acquérir ne correspondent pas à la réalité de l’économie.

IPAR : Quel type de jeunes avons-nous besoin pour développer l’agriculture ?

Jean Pierre Senghor : Nous avons besoin de tous les jeunes. Ce n’est pas parce qu’on est docteur en Langue, qu’on ne peut pas devenir un bon entrepreneur agricole. Quand on vous donne une formation livresque, c’est pour vous permettre d’avoir un esprit structurant. Si vous aimez l’agriculture, vous pouvez vous former en 6 mois ou en incubation sur le terrain et ensuite vous êtes capable de conduire une entreprise agricole sérieusement.

IPAR : Quel discours de IPAR et de la FAO pour convaincre les décideurs ?

Jean Pierre Senghor : Les décideurs, on n’a pas besoin de les convaincre, ils sont déjà convaincus dans certain nombre de chose. Ce qu’il ne faut pas faire les gens le savent, c’est sur ce qu’il faut faire que l’on doit échanger. C’est pourquoi ces genres de rencontre sont importants. Tout seul, on ne peut rien faire de durable. Les chercheurs, les pouvoirs politiques et tous les autres secteurs doivent se mettre ensemble. C’est pourquoi ces échanges sont importants, les expériences et les exemples qui on marché nous permettent de bâtir une politique, une stratégie sur la base des modèles qui ont fonctionné.

IPAR : Un mot sur IPAR ?

Jean Pierre Senghor : J’encourage IPAR. J’ai été séduit par sa démarche. Elle évolue dans un secteur clé surtout la recherche qui constitue le soubassement et le moteur de l’agriculture. L’exemple Israélien est là, ils ont mis l’accent sur la recherche pour développer des filières qui marchent. Par exemple les sols salés en Casamance, l’Etat c’est par la recherche qu’il peut nous faire sortir différentes variétés qui soient halophiles qui acceptent les sols salés. Bravo IPAR, le ministère est disposé à travailler avec vous la main dans la main.