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Journée mondiale de l’alimentation : Matam accueille les festivités

17 octobre 2015

Pour les besoins de la Journée mondiale de l’alimentation célébrée demain 16 octobre, c’est la région de Matam qui a été choisie par le gouvernement et ses partenaires pour accueillir les festivités. Cette année, cette célébration porte sur le thème : « Protection sociale et agriculture : briser le cercle vicieux de la pauvreté rurale ».

Le jumelage de la protection sociale avec les programmes de développement agricole est à même de lutter efficacement contre l’insécurité alimentaire. Cela, la Fao en est convaincue et c’est pourquoi, elle a décidé de placer la célébration de la Journée mondiale de l’alimentation (Jma) prévue demain vendredi 16 octobre sous le thème : Protection sociale et agriculture : briser le cercle vicieux de la pauvreté ». Au Sénégal, où, depuis 1981, l’on commémore cette journée qui marque la création de la Fao en 1945, c’est la région de Matam qui a été retenue pour abriter les festivités de cette année.

Pour le représentant-résident de la Fao au Sénégal, l’intérêt et l’innovation de cette journée mondiale de l’Alimentation se trouve dans le fait qu’elle ait combiné deux approches qui, jusque-là, étaient plus ou moins distinctes. « C’est cette convergence, cette corrélation qui va permettre de sonner le glas des poches de résistances de l’insécurité alimentaire », a martelé Vincent Martin. Selon lui, la nécessité d’allier protection sociale et agriculture est indiscutable car, a-t-il ajouté, « la plupart des personnes vulnérables et en insécurité alimentaire dans le monde vivent dans des zones rurales et sont dépendantes de l’agriculture pour leurs repas quotidiens et leurs moyens d’existence ». La protection sociale étant une partie importante du nouvel agenda 2030, Vincent Martin la considère comme un élément essentiel pour tirer les communautés économiquement faibles de la pauvreté.

Reprenant à son compte le rapport de la Fao de 2015 sur l’état de l’insécurité alimentaire dans le monde, Oumar Sané, directeur de l’Agriculture, souligne que les systèmes de protection sociale ont été décisifs dans un certain nombre de pays en développement où ils ont favorisé la concrétisation des cibles de l’Omd 1 concernant la faim et la pauvreté. « La protection sociale contribue directement à la réduction de la pauvreté, de la faim et de la malnutrition du fait qu’elle permet d’améliorer la sécurité des revenus et l’accès à une meilleure nutrition, à des meilleurs soins de santé et à une meilleure éducation », a-t-il dit. Le Sénégal a bien compris cet enjeu en mettant en place une bonne politique de protection sociale avec notamment le Programme des bourses de sécurité familiale. Et c’est ce qui explique, en partie, les bons résultats obtenus dans la réduction de son taux d’insécurité alimentaire et de malnutrition qui est passé de 24,5 % au début des années 1990 à 10 % en 2014, selon les estimations de la Fao. 

Wilfried Kwambi, chef de programme du Pam au Sénégal a précisé qu’il n’a jamais été question de famine ou de faim au Sénégal, mais plutôt d’insécurité alimentaire et de malnutrition. Pour Safiétou Ba, conseillère technique à la Délégation générale à la protection sociale et à la solidarité nationale (Dgpsn), la relation entre l’insécurité alimentaire, la malnutrition et la protection sociale étant très étroite, la Dgpsn aura un rôle important à jouer par rapport à la coordination de toutes les initiatives et interventions en protection sociale au Sénégal.

Le Sénégal, un bon élève en protection sociale
Selon la Fao, au cours des 20 dernières années, les programmes de protection sociale ont connu une expansion rapide dans les pays en développement, secourant 2,1 milliards de personnes grâce à l’aide sociale, à l’assurance sociale et aux interventions sur le marché du travail. Ce qui laisse supposer que de nombreux pays en développement sont en train de reconnaître que les mesures de protection sociale sont nécessaires pour soulager, dans l’immédiat, les populations en situation d’insécurité alimentaire. A ce propos, l’organisme onusien rappelle le cas du Sénégal dont le gouvernement a pris l’option novatrice de mettre en place le Programme de Bourses de sécurité familiale. Ce qui a participé à réduire son taux de prévalence des personnes en sous-alimentation. Pour Vincent Martin, le Sénégal n’a jamais été confronté à la faim. Les chiffres issus du rapport publié l’autre jour concernent donc l’insécurité alimentaire et la sous-alimentation. « Le mot ‘’faim’’ est un terme extrême qui a pu être utilisé dans de grandes crises dans le passé et qui exprime une situation extrêmement grave d’insécurité alimentaire, ce que le Sénégal n’a jamais connu. Par contre, il a été confronté à l’insécurité alimentaire. Cependant, il y a eu une énorme amélioration car le taux de prévalence est passé de 24 % à 10 %. Mais s’il y a encore 10 % de personnes en sous-alimentation, cela veut dire qu’il existe encore des poches de vulnérabilité sur lesquelles il va falloir travailler », a-t-il dit.

Oumar Sane, sur la situation de l’hivernage : « Il y a des perspectives de bonnes récoltes »
Cette année, le Sénégal, dans l’ensemble, a été bien arrosé par la pluie. Si l’on y ajoute que les intrants ont été distribués à temps et qu’un comité de suivi regroupant l’ensemble des acteurs se réunissait régulièrement au ministère de l’Agriculture pour étudier la situation, cela augure de bonnes récoltes, selon le directeur de l’Agriculture. « Du point de vue organisationnel, il y a eu, cette année, moins de problèmes avec les acteurs. On n’a pas entendu le débat sur la qualité des semences par exemple. Au même moment, le ministère, prenant en compte l’aspect changement climatique, a combiné les espèces de cycle court et les espèces régulières. Tout cela nous a permis de constater, sur toute l’étendue du territoire national, qu’il y a des perspectives de bonnes récoltes pour l’ensemble des spéculations », a-t-il déclaré. Il a ajouté qu’actuellement, les récoltes sont en cours pour le niébé, le maïs, le mil et même pour l’arachide.

Elhadji Ibrahima THIAM

 

 

Source : http://www.lesoleil.sn/index.php?option=com_content&view=article&id=43754:journee-mondiale-de-lalimentation-matam-accueille-les-festivites&catid=51:economy&Itemid=63  ;