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Les études de cas de Negos-GRN, numéro 01

Les comités villageois dans la Communauté rurale de Dionewar : Entre contrôle des ressources naturelles, capture du pouvoir public local et de la rente « développementaliste » Dans la Communauté rurale de Dionewar, l’internationalisation des ressources naturelles a engendré d’une part plus d’attractivité pour les services techniques d’Etat et des ONG et d’autre part une marchandisation des ressources jadis dédiées à la subsistance. Il y existe une tradition de régulation de l’accès et de l’exploitation. Si les règles ont été informelles et véhiculées par des principes moraux et des consensus coutumiers, les interventions des projets et la valeur marchande ont modifié les autorités et les cadres de contrôle de l’accès et de l’exploitation des ressources. Des structures locales sont créées ; elles évoluent et se modifient au gré des interventions externes et des opportunités de capture de pouvoir local, de la rente des projets. Créées sous le prétexte de la collectivisation et de la conservation, elles finissent par une orientation exclusive voire purement privatiste. Les dernières formes servent ainsi de technologie de gouvernementalité à la solde d’autorités tapis dans l’ombre, qui leur offrent une source d’innovation institutionnelle et des moyens de légitimation mais s’en servent pour mieux contrôler l’espace public local. La logique de comitisation opportuniste prend en otage à la fois la démocratisation de l’accès aux ressources, au pouvoir public local et à la rente des intervenants au développement.