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Malick Sow, secrétaire général de la FAPAL

1er juin 2014

Malick Sow est secrétaire général de la FAPAL (Fédération des Associations Paysannes de Louga). Il travaille aussi comme coordinateur régional pour la FONGS (Fédération des ONG du Sénégal). Nous l’avons rencontré au cours des tournées organisées par la FONGS auprès de ses différentes associations membres au mois de mai.

1. La FONGS organise actuellement des rencontres avec l’ensemble de ses associations membres, quel est l’objectif de ces ateliers ?

Ces tournées entrent dans la suite des conclusions du forum, qui a été organisé au mois de novembre 2010 à Dakar. Il s’agit de permettre à toutes les organisations de la FONGS qui ont participé au processus qui a conduit au forum d’avoir connaissance des conclusions de ce forum et de la mission que jouera la FONGS dans la mise en œuvre de ces conclusions. C’est pourquoi nous sommes retournés dans les associations pour leur rappeler le contexte dans lequel ce forum a été organisé, le processus du forum, le déroulement du forum proprement dit, mais aussi les engagements, sanctionnés par le mémorandum.
Trois orientations majeures ont été dégagées dans les conclusions du forum. C’est d’abord que les exploitations familiales sont capables de nourrir le Sénégal si on améliore leurs performances agricoles. La deuxième orientation concerne la maîtrise de l’espace et des ressources, donc tout ce qui est lié au foncier et à la gestion des ressources naturelles. Enfin, la troisième orientation porte sur l’économie rurale et la société. Il s’agit de savoir quelle économie nous voulons, et pour quelle société.
C’est sur ces trois orientations que la FONGS s’est appuyée pour bâtir son plan stratégique. Ces rencontres offrent donc l’occasion à la FONGS de partager avec l’ensemble de ses associations membres son plan stratégique et son mode opératoire, pour aller dans les orientations dégagées par le forum. C’était le sens des tournées que la FONGS entreprend depuis le 3 mai.

2. En tant que coordinateur de la FONGS pour la région de Louga, vous avez participé aux différentes rencontres qui ont eu lieu avec les associations. Qu’est-il ressorti de ces échanges ?

En ce qui concerne la région de Louga, nous avons visité trois associations. Dans chaque association, nous avions deux jours de travail. Le premier était consacré à la présentation des conclusions du forum et du plan stratégique de la FONGS. Au cours de la deuxième journée, chaque association était chargée de présentée une dynamique porteuse, s’inscrivant dans les conclusions du forum et dans la mise en œuvre du plan stratégique de la FONGS.
La FAPAL (Louga), dans le cadre de ce plan stratégique, a identifié une dynamique porteuse qui concerne la viabilité de l’agriculture paysanne. En parlant de viabilité de l’agriculture paysanne, on englobe en fait toutes les activités de production, de commercialisation et même de maîtrise de l’espace. C’est sur cette dynamique que la FAPAL compte travailler dans le cadre du plan stratégique.
Si nous allons dans la zone des Niayes, où il y a les Maisons Familiales Rurales de Potou, la dynamique identifiée concerne la maîtrise des ressources. Dans la zone des Niayes, il y a en effet des enjeux fonciers terribles et aussi des problèmes de production et de commercialisation des produits maraîchers. Là aussi, cette dynamique porteuse, si elle est appuyée, peut permettre aux producteurs des Niayes de booster leur production et de mieux maîtriser leur espace.
Enfin, l’ADID (Association pour le Développement Intégré et Durable), qui est dans la zone sylvo-pastorale (Dahra-Djoloff), a identifié une dynamique liée à la production et à la valorisation des produits de l’élevage, notamment la transformation du lait et des produits dérivés. 

3. Quelles vont maintenant être les suites du processus ?

Ces tournées auprès des associations ont permis de collecter beaucoup d’informations, maintenant il reste un travail de traitement et d’analyse qui sera suivi d’une phase d’approfondissement à faire pour voir comment aborder les dynamiques, jusqu’où et avec qui.
De tout temps la FONGS a travaillé sur la socialisation pour partager avec ses associations membres. Ce qui peut être souligné dans ce processus, et qui est nouveau dans notre démarche, c’est d’être accompagné par un œil externe, qui est l’IPAR. Là aussi, la contribution de l’IPAR dans le questionnement, dans les orientations des débats a apporté un plus, qui a permis aux organisations de bien cibler la dynamique sur laquelle ils comptent travailler.
Nous allons maintenant analyser et traiter ensemble les différentes dynamiques porteuses identifiées afin de voir comment les élargir au sein de l’association, les partager avec les autres associations et plus largement les valoriser au niveau du mouvement paysan.