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Manque de formation, inaccessibilité a la terre et aux capitaux : les causes de l’oisiveté et la migration juvénile

16 février 2015

L’Initiative prospective agricole rural (Ipar), en faisant, hier, jeudi 12 février, la restitution du projet emploi des jeunes et migration en Afrique de l’Ouest (Ejmao), a identifié le manque de formation, l’inaccessibilité au foncier et aux capitaux comme des entraves au travail des jeunes justifiant ainsi leur immigration. 

L’absence de formation, l’inaccessibilité au foncier et aux capitaux sont les principaux obstacles au travail des jeunes surtout dans les campagnes. La remarque, est du directeur de la recherche de l’Initiative prospective agricole et rural (Ipar), Ibrahima Hathie qui, hier jeudi 12 février, a fait une restitution des résultats du projet « emploi des jeunes et migration », réalisé par sa structure dans les zones de Bambey, Fatick, Niayes, le bassin arachidier et au Delta du fleuve Sénégal.
S’agissant du manque d’instruction des jeunes, Ibrahima Hathie, indique que, 16, 41% des jeunes inactifs ne sont pas instruits et n’ont donc reçu aucune forme d’éducation qu’elle soit française, franco-arabe ou des daara.

L’autre motivation qui poussent les jeunes à déserter les campagnes au profit des centres urbains pour rechercher du travail, est, poursuit Ibrahima Hathie, l’absence de capitaux. L’étude de l’Ipar montre que, souvent les jeunes n’ont pas de capital financier pour démarrer des activités génératrices de revenus. Selon, les enquêtes, 88,7% de jeunes en zone rurale ne détiennent aucune ressource. Avec 76,1% la situation est plus alarmante chez les femmes.
L’autre problème qui empêche aux jeunes de s’adonner à l’agriculture, activité par essence en milieu rural, est l’inaccessibilité à la terre. L’étude de l’Ipar fait remarquer qu’une forte majorité de jeunes chefs d’Unité de production agricole (92,1%) déclarent détenir des terres par emprunt, prêt, ou location. Seuls 4,8% de ces jeunes disposent de terre soit 4% de femmes contre 5,4% d’hommes.

En moyenne, 82,1% de femmes possèdent des parcelles de moins d’un hectare, 10,7% ont des parcelles de 1 à 3 hectares et 7,1% des parcelles de 3 à 5 ha. Un peu moins de la moitié des hommes soit 48,3% ont des parcelles de 1 à 3 ha.

L’étude de l’Ipar laisse aussi apparaitre, la grande majorité des jeunes inactifs sont des célibataires. Parmi ces derniers, 38,90% sont des hommes et 61,10% des femmes. La population jeune inactive est celle âgée de 15-34 ans. En moyenne, 61% de jeunes inactifs sont des femmes contre 39% des hommes.

Fatou NDIAYE | 13/02/2015 

Source : http://www.sudonline.sn/les-causes-de-l-oisivete-et-la-migration-juvenile_a_23101.html