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Présidentielle 2012 : L’Ipar auditionne les candidats

4 juin 2014

d’auditionner les candidats à l’élection présidentielle de février 2012. L’Agriculture, dit-il, est au cœur du débat électoral et sont nombreux aujourd’hui les Sénégalais à exiger des candidats des programmes structurants et capables de relever le défi du développement de la pauvreté et de la productivité en milieu rural.

 

Agri Infos : A quelques jours de la campagne électorale pour la présidentielle du 26 février 2012, vous avez sorti l’idée d’auditionner les candidats sur leur vision pour l’Agriculture pourquoi ?

Cheikh O. Bâ : "D’abord, parce que la mise en débat sur la situation de l’Agriculture sénégalaise est l’une des trois missions de l’Ipar, en plus de la Recherche et de la Formation. Ensuite, le contexte électoral s’y prête. Les Sénégalais sont de plus en plus nombreux à exiger des candidats des programmes structurants et capables de relever le défi du développement du pays : pauvreté, productivité et sécurité. Or, compte tenu de l’importance de l’agriculture pour le développement du Sénégal dont les principales missions sont de nourrir les populations ; générer des devises pour l’Etat ; assurer aux producteurs des revenus décents ; créer des emplois ; fournir des matières premières aux industries et préserver l’environnement. C’est pourquoi le Conseil d’Administration a donné mandat à la direction exécutive de l’Ipar de créer les conditions d’un débat le plus large possible sur les enjeux et les défis de l’Agriculture et du monde rural"

Est ce parce que le régime sortant n’a pas semé de bonnes graines dans le monde rural ?

"Certainement que les paysans et les ruraux de façon générale sont mieux placés pour répondre à cette question. En tant que responsable d’un "Think Tank", institution indépendante pour influencer les décideurs politiques et les acteurs du développement, nous privilégions des analyses et tentons de créer des espaces de dialogue et de concertation entre les différentes parties prenantes à l’élaboration de politiques agricoles.’’ "En analysant ces politiques prônées depuis la colonisation jusqu’à maintenant, on peut en tirer des enseignements pour éclairer les politiques actuelles.’’ "Le premier enseignement c’est que, sans des politiques inclusives, on ne pourra jamais résoudre les problèmes de l’agriculture qui est un secteur difficile et relativement aléatoire. Notre agriculture dépend à plus de 96% de la pluie. Or, avec les effets des changements climatiques, elle devient encore de plus en plus erratique. Aujourd’hui, l’agriculture bénéficie de plusieurs facteurs favorables : la fin des ajustements structurels (1979-1997) qui redonne à l’État sa souveraineté dans les choix de développement du secteur. Ensuite, avec la crise alimentaire de 2008, tous les bailleurs de fonds sont redevenus sensibles à la nécessité d’investir massivement dans l’agriculture et le monde rural. Enfin, le gouvernement issu de l’alternance avait une belle carte à jouer avec l’effort engrangé à la suite des ajustements structurels dans les années 1980. Il a aussi investi en milieu rural, contrairement à ce que certains affirment. La question c’est la qualité et la pertinence des investissements réalisés, en termes d’efficacité et d’efficience. Est-ce que les choix des spéculations dans le cadre des programmes spéciaux (biocarburant, bissap, manioc...) étaient partagés et approuvés par les acteurs majeurs du secteur ? Quelle évaluation on en fait ? Qui en a bénéficié ? Malheureusement, le débat se focalise souvent sur ’’on a fait telles réalisations’’. Qui l’a demandé et pour atteindre quels objectifs ? Combien d’emplois ont été créés par ces Investissements ? Voilà un ensemble de questions qui méritent d’être débattu froidement.’’

Quand, comment et avec qui vous allez organiser ces auditions ? Y-a-t-il un calendrier ?

’’Les auditions entrent dans un processus de mise en débat des résultats de recherche de l’Ipar dans le secteur agricole et rural, L’objectif recherché est de mettre l’agriculture et les enjeux qu’ils représentent au coeur du débat électoral. Pour ce faire, nous procédons par étape et les auditions proprement dites constituent la dernière étape du processus qui a démarré avec la formation des journalistes (décembre 2011) sur les enjeux et les défis du secteur. Ensuite, dès la fin du mois janvier 2012, IPAR envisage de mettre sur pied un comité regroupant des membres de la société civile, des OP et des médias pour l’aider à mettre en oeuvre cette initiative ambitieuse. Aussi, il est prévu d’organiser un forum sur l’agriculture et le monde rural vers la fin du mois de janvier. Enfin, les auditions proprement dites se dérouleront de mi janvier, au démarrage de la campagne électorale, prévue début février 2012.

Est-ce que vous avez le sentiment que la presse va vous accompagner dans cette démarche originale ?

’’La présence massive et diversifiée des journalistes et la qualité des débats enregistrés lors du présent atelier d’information et de sensibilisation - sur la nécessité de placer l’agriculture au coeur du débat électoral - constitue un indicateur éloquent sur la disponibilité des médias à nous accompagner, Cet atelier co-organisé par IPAR et l’USAID/PCE a montré qu’il est possible de nouer un partenariat gagnant-gagnant entre des journalistes (courroie de transmission et acteurs d’Interpellation) et des chercheurs (analystes de situation et fournisseurs d’informations scientifiques). Aussi, nous envisageons de formaliser nos relations avec les journalistes présents et les organes représentés lors des auditions, au-delà de la couverture des élections présidentielles.’’

Propos recueillis par Madieng Seck