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SIA de Paris : Des agriculteurs sénégalais demandent des moyens pour être plus compétitifs

2 juin 2014

Le Salon international de l’agriculture de Paris a fermé ses portes hier. La présence sénégalaise a été fortement remarquée et a permis aux structures institutionnelles de se confronter à ce qui se fait de meilleur dans leur secteur mais surtout aux agriculteurs sénégalais d’exposer leurs produits et de trouver d’éventuels nouveaux marchés.

La 14ème participation du Sénégal au Salon international de l’agriculture donne des motifs de satisfaction aux fermiers sénégalais. « Nous ne pouvons pas satisfaire le marché », regrette Mamour Guèye, représentant la ferme Ngueya Sarl. « Par exemple, sur la mangue, nous pouvons avoir des demandes de trois à cinq conteneurs par semaine alors que nous ne pouvons en fournir que deux », ajoute-t-il. Malgré l’aide de la Banque nationale de développement économique (Bnde) sur la logistique et le financement, les agriculteurs sénégalais présents au parc des expositions de la porte de Versailles pensent qu’il y a encore des efforts à faire. « Pour un conteneur de 22 tonnes de mangues, il nous faut 9,5 millions de FCfa (achat, conditionnement et mise en free on bord) », détaille Mamour Guèye. Pour Mouhamadou Watt, gérant les intérêts de la ferme « Bud Sénégal » anciennement appelée Ferme américaine, le secteur agricole sénégalais développe « les cultures vivrières qui représentent 80% des produits.

Parmi elles, il y a celles à haute valeur ajoutée à l’exportation comme la tomate, les haricots verts, le melon et, depuis peu, le gombo. Rien qu’avec ces cultures, on peut faire vivre la population locale, faire rentrer des devises sans compter les emplois créés », explique-t-il. Les deux agriculteurs pensent que le président Sall a raison de mettre l’agriculture au centre du Plan Sénégal émergent « si le gouvernement y met les moyens car il y a les hommes, la terre et les produits. Il ne manque que les moyens d’accéder aux produits », ajoute M. Guèye. Alors que M. Watt préfère attendre de « voir s’il y a une vraie volonté politique pour enfin développer l’agriculture ». Pour un meilleur rendement agricole, « il faut de l’eau et des moyens financiers pour l’industrialisation et certains intrants pour améliorer les produits en quantité et en qualité, explique Mamour Guèye. Le marché et les clients, nous les avons déjà, il faut juste répondre aux demandes ».

En effet, les deux fermiers sénégalais réfutent les clichés sur les produits sénégalais qui seraient de mauvaise qualité. « Nous respectons les exigences de l’Union européenne, coupe Mamour Guèye. C’est la qualité qui se vend. Notre marché principal porte sur la Belgique, les Pays-Bas, l’Allemagne et l’Angleterre. En général, nos produits ne font que transiter par la France ». « Ce sont nos concurrents directs sur le marché international, constate Mamour Guèye. C’est une concurrence déloyale car ils ont des moyens que nous n’avons pas alors que nous produisons les mêmes variétés. Le Pse est fait pour que l’argent retourne vers le Sénégal ». Pour faire face, les agriculteurs comptent intensifier leur logistique pour être plus compétitifs. Le Conseil sénégalais des chargeurs (Cosec), par la voix de Mame Aïssa Ndiaye, promet d’assurer un soutien en « infrastructures, robotique, intrants, pistes de production et réseaux de distribution ».

A défaut d’une concurrence loyale, le Salon de l’agriculture a permis aux fermiers et agriculteurs sénégalais de nouer des partenariats dans le domaine des semences et des engrais mais surtout de vendre certains produits phares. « Nous avons pu trouver des clients pour les mangues », se réjouit Mouhamadou Watt. « Le melon sénégalais est très coté, nous le produisons toute l’année car c’est un produit qui a besoin d’un fort taux d’ensoleillement. Le piment n’est pas encore très développé car c’est un marché ethnique », ajoute-t-il.
De notre correspondant permanent à Paris, Moussa DIOP

Source : http://www.lesoleil.sn/index.php?option=com_content&view=article&id=36847:sia-de-paris-es-agriculteurs-senegalais-demandent-des-moyens-pour-etre-plus-competitifs&catid=78:a-la-une&Itemid=255