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Analyse des effets des interventions de l’État sur le bien-être des acteurs des systèmes alimentaires dans les Niayes durant la Covid-19

Publié le 30 avril 2022

À l’instar d’autres pays du monde, le Sénégal est confronté, depuis mars 2020, à la pandémie de Covid-19. D’une crise sanitaire, la maladie a évolué vers une crise économique et sociale avec des répercussions sur l’économie alimentaire. L’Initiative Prospective Agricole et Rurale (IPAR), avec ses partenaires dans le cadre du projet COPSA, a mené une étude pour analyser les effets des interventions de l’État sur le bien-être des acteurs des systèmes alimentaires dans les Niayes durant cette période critique.
Selon l’étude, les effets induits par la pandémie ont entrainé une baisse de la disponibilité de la main d’oeuvre. Globalement, 1 acteur sur 4 semble rencontrer des difficultés à trouver une main d’oeuvre extérieure pour des raisons diverses. Certains acteurs, notamment les pêcheurs (19,2%) et les producteurs agricoles (2,6%) ont plus été confrontés à l’absence des ouvriers même en ayant les moyens de leur prise en charge.
L’enquête révèle qu’à cause des contraintes liées à l’endiguement de la pandémie, la plupart (70%) des acteurs des systèmes alimentaires dans la zone des Niayes ont ressenti des difficultés d’accès aux intrants ou aux matières premières (semences…).
Concentrant la commercialisation, plus de 60% des acteurs dans les différents secteurs d’activités (agriculture, élevage, pêche, commerce, transport et transformation) ont connu des difficultés d’écoulement de leurs productions lors de la période de COVID 19. Cette difficulté a été plus ressenti chez les pêcheurs qui ont tous été affectés par un déficit d’opportunité de marché de leurs produits.
En outre, les conséquences des mesures restrictives ont été ressenties par tous les acteurs des systèmes alimentaires dans les Niayes. Presque 90% des acteurs de tous les secteurs ont été confrontés à une baisse de leur chiffre d’affaires habituelle avec un taux de variation estimé entre 45 et 60%, selon les résultats de l’enquête. Par ailleurs, les encours de crédit qui étaient déjà faibles avant la pandémie (25,2%) ont baissé de 2,2% avec les mesures d’endiguement.

Afin d’atténuer les répercussions économiques de la crise, les autorités sénégalaises ont mis en place des mesures sociales d’accompagnement des ménages. Des kits alimentaires ont été distribués à 73,9% des ménages urbains de Dakar et à 72,3% des ménages ruraux des Niayes.
Toutefois, il est noté que, malgré ce soutien de l’État du Sénégal, les ménages ont continué
à ressentir des difficultés avec une dégradation successive de la quantité et de la qualité des
repas.
Ainsi, penser à l’après Covid-19 permet d’appréhender les systèmes alimentaires dans les
Niayes avec des fondations plus résilientes et prenant en compte l’ensembles des acteurs.
C’est autour de ces axes que s’articulent les principales recommandations de cette étude.