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La moyenne vallée du fleuve Sénégal a mis en place et lancé la PLATEFORME régionale de Matam sur la gestion du foncier et des ressources naturelles

Dans le cadre de l’appui à la dynamique locale de dialogue sur la cohabitation optimale entre activités agropastorales et exploitations minières dans la moyenne vallée du fleuve Sénégal, l’IPAR et la FAO ont appuyé la mise en place de la PLATEFORME régionale de Matam sur la gestion du foncier et des ressources naturelles, lancée le lundi 25 octobre à Ourossogui.

Des rencontres bilatérales et un atelier multi-acteur tenus du 23 au 26 octobre 2019 ont été introduit par la restitution d’une étude sur les enjeux et défis de la gouvernance foncière dans la région de Matam et les modalités d’organisation au niveau local du dialogue sur la gouvernance du foncier et des ressources naturelles avec un focus au niveau des départements de Matam et Kanel.

Pour rappel, ce processus a démarré en septembre 2017 lors de l’atelier éco-géographique de réflexion sur l’utilisation des Directives Volontaires (DV) de la gouvernance foncière, dans la vallée du fleuve Sénégal, tenu à Matam, dans le cadre du « Projet de renforcement de la diffusion et de l’opérationnalisation des Directives volontaires pour une Gouvernance responsable des régimes fonciers applicables aux terres, aux pêches et aux forêts ». Il est mis en œuvre par le Comité de pilotage (COPIL DV/GF) de la Plateforme nationale du Sénégal sur les Directives volontaires pour une gouvernance foncière responsables. Ce processus est actualisé par la récente mission de IPAR dans la région de Matam du 1er au 7 septembre 2019 et qui a rencontré les acteurs des départements de Matam et Kanel.

En effet, depuis 2016, la FAO (sur financement de la Coopération italienne), a mis en place ce projet, pour consolider et accompagner les acquis obtenus au Sénégal en matière de dissémination des DV ». Ce projet rejoint et renforcé par l’initiative « Stratégie National d’Engagement (SNE) » de l’ILC, vise à accompagner le processus de dissémination et de mise en œuvre des Directives Volontaires, dans une dynamique multi-acteur. Il a confié à l’IPAR la mission de conduire entre autres, les activités relatives à l’animation de la plateforme nationale et le COPIL DV/GF et l’appui à l’implémentation d’outils locaux de dialogue sur des enjeux fonciers territoriaux en Casamance et dans la moyenne vallée du fleuve Sénégal (région de Matam).

La région de Matam : une zone à fortes potentialités liées aux ressources naturelles et foncières
La région de Matam a un potentiel important et des atouts non négligeables liés aux ressources naturelles et foncières. Ces ressources en terre sont abondantes et de bonne qualité surtout dans la zone du walo qui longe toute la bordure du fleuve et une bonne partie de la zone du Dièri qui constitue la zone intermédiaire entre le walo et le Ferlo.

La région dispose de terres cultivables de bonne qualité et en quantité suffisante. Le potentiel aménageable est estimé à 55 000 ha sans compter la possibilité de développer trois systèmes de production : (1) l’agriculture pluviale, (2) l’agriculture de décrue qui se fait sur les terres inondables du fleuve Sénégal, au niveau de ses défluents, sur les mares et bas-fonds ayant retenu l’eau de pluie de façon naturelle ou artificielle ; (3) l’agriculture irriguée qui se développe avec l’appui de la SAED et du PRODAM dont les expériences développées en matière d’aménagement constituent aussi des acquis à capitaliser dans la perspective d’intensification et de modernisation de l’agriculture et de l’élevage, deux principaux leviers de développement de la région. La zone Diéri de la région compte plus de 800 000ha de terre cultivable.

Dans le secteur de l’élevage, les opportunités pour son développement sont sous-tendues par l’existence de vastes pâturages herbacés et aériens dans le Ferlo, un potentiel important de fourrage dans le Walo (cultures irriguées et décrue), les nombreux plans d’eau et un effectif important du cheptel (bovins, ovins, caprins, asins, équins, et volailles).

L’ancrage culturel de la population dans l’élevage est aussi un atout en raison des savoirs endogènes et de l’expérience capitalisés depuis des siècles et transmis de génération en génération. Des possibilités d’intégration de l’agriculture et de l’élevage sont réelles du fait de leur interdépendance avérée en ce qui concerne la fumure organique produite par le bétail pour la fertilisation des sols d’une part, et d’autre part la disponibilité des produits dérivés de l’agriculture (fourrage) qui contribuent à l’alimentation du bétail. Cependant, de nombreux conflits sont notés entre ces deux secteurs, du fait de l’obstruction progressive des pistes de bétail menant notamment aux points d’eau dans le walo.

Justification et structuration de la Plateforme régionale de Matam

La mise en place d’une plateforme s’inscrit dans les orientations du Plan Sénégal Emergent (PSE), qui souligne dans le chapitre (Mise en œuvre et suivi- évaluation… » que la réussite de ce Référentiel passe par « l’appropriation du cadre politique par toutes les couches de la société et surtout par l’exercice d’un contrôle citoyen ». Il est alors nécessaire qu’un cadre instituant un dialogue multi-acteurs soit mis en place pour faciliter cette appropriation.
A l’instar de la Plateforme Nationale, cette Plateforme régionale zonale est un espace de dialogue, de mise en débat et d’appui à l’amélioration de toute politique ou bonnes pratiques locales liées à la gouvernance des ressources naturelles et foncières, tout en recherchant d’une manière continue un consensus des différents acteurs.
La Plateforme pourra aborder ou s’impliquer dans toutes thématiques d’intérêt local ayant trait aux ressources naturelles. Par essence, les ressources naturelles et le foncier sont des sujets de discorde, il est alors pertinent de mettre en place un espace d’échanges qui contribue efficacement au rapprochement des positions et idées des différentes parties prenantes pour des consensus respectueux des intérêts de chaque acteur.

La PLATEFORME régionale de Matam sur la gestion du foncier et des ressources naturelles s’est donnée comme missions principales : la cartographie des acteurs et le renforcement des capacités, la concertation, la planification et suivi.
Structuration de la plateforme
• Assemblée générale Présidée par le gouverneur
• Coordination technique tournante (conseil départemental) appui technique de l’ARD
• Secrétariat permanent assuré par l’ARD
• Comité de pilotage avec une Présidence annuelle tournante entre les trois conseils départemental, la Vice-présidence est assurée par la société civile
Fonctionnement de la plateforme
• Rencontre ANNUELLE de la plateforme (assemblée générale)
• Rencontre trimestrielle de la coordination technique
• Secrétariat Permanent (ARD).

Chérif Sambou Bodian