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courrierinternational.com - Covid-19.Le G20 allège le fardeau de la dette des pays pauvres

Réunis virtuellement ce mercredi 15 avril, les pays du G20 ont accepté de suspendre pendant quelques mois le paiement des intérêts de la dette des pays les plus pauvres. Le but : permettre à ces États de concentrer leurs efforts sur la lutte contre la pandémie.

16 avril 2020

Les ministres des Finances des pays du G20 se sont mis d’accord, mercredi 15 avril, dans l’après-midi, sur un moratoire sur le service de la dette des pays les plus pauvres.

Cette décision, annoncée par un communiqué publié à l’issue d’une visioconférence, s’appliquera à compter du 1er mai jusqu’à la fin de l’année. “Tous les créanciers officiels bilatéraux participeront à cette initiative”, précise le G20, en appelant les créanciers privés à participer à cet effort.

Cette mesure, d’autant plus importante que le G20 compte parmi ses membres la Chine, l’un des principaux créanciers de l’Afrique, devrait concerner 76 pays et 20 milliards de dollars de remboursements.

Fuite des capitaux

Le temps commençait à presser. “Fuyant les actifs risqués, les investisseurs ont déjà retiré près de 100 milliards de dollars des marchés émergents en un mois. Un montant record, note le Washington Post. Nombre de ces pays sont en outre touchés par la chute des prix des produits de base qu’ils exportent et par la désorganisation des chaînes d’approvisionnement.”

Au-delà de la simple solidarité, il est dans l’intérêt des pays avancés – y compris des États-Unis – de se préoccuper des moins favorisés, explique le quotidien américain.

“Si les défauts de paiement sur la dette souveraine se produisent de manière anarchique, le cours des actions et des obligations déraillerait à Wall Street, prévient ainsi le Washington Post. Une grande vague de migrants clandestins fuyant la pauvreté et la maladie risquerait de demander l’asile. Et les pays confrontés au chaos pourraient servir de foyer au coronavirus, provoquant des vagues de contagion susceptibles de paralyser l’économie mondiale pendant des années.”

Comme le résume Kristalina Georgieva, directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), interviewée par le Washington Post :

Les problèmes circulent. Ils ne restent pas cantonnés au même endroit. Cette pandémie ne prendra pas fin tant qu’elle n’aura pas été maîtrisée partout.”

Le FMI a d’ailleurs annoncé, le 13 avril, le versement d’une aide d’urgence à 25 pays parmi les plus pauvres du monde. En gros, il leur donnera de l’argent afin qu’ils puissent lui rembourser, pendant six mois, la dette qu’ils ont contractée auprès de l’institution. L’objectif est de leur permettre de “consacrer une plus grande partie de leurs faibles ressources financières aux soins médicaux et autres efforts de secours d’urgence vitale”, explique un communiqué.

Plus de 90 pays ont sollicité l’aide du FMI

Cette aide, qui viendra du fonds fiduciaire d’assistance et de riposte aux catastrophes, actuellement doté de 500 millions de dollars, bénéficiera aux pays suivants : Afghanistan, Bénin, Burkina Faso, Comores, Gambie, Guinée, Guinée-Bissau, Haïti, Îles Solomon, Liberia, Madagascar, Malawi, Mali, Mozambique, Népal, Niger, République Centrafricaine, République Démocratique du Congo, Rwanda, Sao Tomé-et-Principe, Sierra Leone, Tadjikistan, Tchad, Togo et Yémen.

Depuis le déclenchement de la crise du coronavirus, “plus de 90 pays ont sollicité l’aide du FMI. Les pays émergents et en développement auront besoin d’u moins 2 500 milliards de dollars pour payer leurs factures”, précise le Washington Post.

Toujours le 13 avril, la Banque asiatique de développement annonçait de son côté qu’elle triplait le montant de l’enveloppe destinée à aider ses pays membres à amortir le choc économique provoqué par la pandémie de Covid-19. Selon le Financial Times, ce financement se monte désormais à 20 milliards de dollars.

Source : courrierinternational.com