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Autosuffisance alimentaire : le Sénégal reste dépendant

4 juin 2014

Les ingénieurs de l’ASIA (Association Sénégalaise des ingénieurs de l’Agriculture) ont passé en revue la problématique de l’autosuffisance alimentaire pour proposer aux autorités politiques une vision constructive prospective. C’était hier, lundi 02 septembre, à l’occasion d’une rencontre sur « Le Sénégal face aux défis de l’autosuffisance alimentaire » tenue à Dakar
Le diagnostic sans complaisance de l’ASIA (Association Sénégalaise des Ingénieurs de l’Agriculture) a établi clairement que le Sénégal est très loin d’atteindre son autosuffisance alimentaire. Réuni autour du sujet « Le Sénégal face aux défis de l’autosuffisance alimentaire », ce lundi 02 septembre à Dakar, les ingénieurs de l’agriculture ont tour à tour, chacun selon sa spécialisation montré comment le Sénégal est loin d’atteindre l’autosuffisance alimentaire, malgré les énormes ressources consentis depuis plus d’un demi-siècle.

Ces ingénieurs, à travers une réflexion très approfondie et nourrie entendent donner leur vision sur les politiques qui sont entrains d’être menées en matière de sécurité alimentaire et/ou d’autosuffisance alimentaire. Au sorti de ce panel, les spécialistes des questions agricoles entendent dans un document bien consigné formuler des orientations claires et précises sur les politiques agricoles anciennes, établir ses forces et ces faiblesses, dégager des pistes de solution et une vision plurielle de l’ASIA.

Intervenant sur le volet production semencière et reconstitution du capital semencier, Thierno Birahima Fall, secrétaire général de ladite association demeure convaincu que la question semencière demeure une occupation et une préoccupation centrale dans la production agricole. Par conséquent, l’obligation de reconstitué le capital semencier s’impose. Pour Etayant ses propos, il priorise 5 axes de réflexion à savoir ; la situation de la filière semencière avant la privatisation, la situation actuelle (1990 à nos jours), la reconstruction du capital semencier et les recommandations clefs pour la mise en œuvre, l’impact de l’utilisation des semences sélectionnées dans la conquête de l’autosuffisance alimentaire et enfin la commercialisation et la distribution.

Situation de la filière avant la privatisation
Selon lui, cette période se situe entre 1972 et 1990, constitue une période faste de l’agriculture Sénégalaise. Car, des dispositions au plan institutionnel et production avaient été mises en place notamment le service chargé de la production et de la certification des semences avec un personnel formé, et en nombre suffisant, à tous les niveau de la chaine, du contrôle et de la certification, multiplication des semences avec un matériel adéquat pour la technologie des semences et des stations de conditionnement, un budget de fonctionnement conséquent, bonne répartition des rôles clairement définis dans la production, contrôle et certification (ISRA pour les pré-bases, service semencier pour les bases et les semences certifiées) mise en place des règles de production, des méthodes et normes de contrôle des cultures et des lots, des comités structurés et mis en place, une planification rigoureuse et une très coordination des actions de production, de contrôle et de certification.

Sur le plan de la production, un capital semencier maitrisé de 120000T entièrement composé de semences certifiées pour l’arachide dont l’Etat était le producteur était sur place. Cette situation a donné une cohérence institutionnelle (structures en place, rôles et responsabilité définis ressources humains de qualité, moyens matériels, humains et financiers suffisants, avec des objectifs clairs et partagé, et des structures de planification et de coordination pour la production.

Privatisation du secteur semencier
La privatisation du secteur semencier, caractérisée par l’apparition d’un nouveau maillon dans la chaine de production que sont les privés (opérateurs multiplicateurs et les organisations professionnels a fait perdre le Sénégal son rang dans la sous région voire au plan mondial.
Autre question importante soulevée, lors de ce panel, c’est la question relative à la gestion foncière, qui constitue une véritable bombe à retardement. Selon Cheikh Oumar Ba, directeur de l’Initiative Prospective agricole et rurale (IPAR), « toutes les politiques foncières menées au Sénégal reposent sur des rapports de force ». A noter que toutes les questions liées à l’agriculture ont développées.