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Lutte contre l’accaparement des terres : Actionaid outille la société civile

5 septembre 2014

ActionAid Sénégal en partenariat avec le Consortium Reformons le Foncier a organisé hier, jeudi 4 septembre, un atelier de restitution de l’étude sur l’implication des acteurs non étatiques dans le processus de la réforme foncière suivi d’une formation sur les Directives Volontaires pour une gouvernance foncière responsable au Sénégal. La rencontre de 3 jours a pour but de renforcer les capacités des acteurs de la société civile dans le domaine de la gouvernance foncière pour mieux contribuer au processus de réforme foncière au Sénégal.
Dans le but de mettre à niveau la société civile sur les Directives Volontaires afin de jouer pleinement sa partition contre l’accaparement des terres et pour une réforme foncière inclusive et transparente, ActionAid Sénégal en collaboration avec le consortium reformons le foncier a organisé un atelier. La rencontre, initiée hier, jeudi 4 septembre, pour 3 jours, est axée sur la restitution de l’étude sur l’implication des acteurs non étatiques dans le processus de la réforme foncière suivie d’une formation sur les Directives Volontaires pour une gouvernance foncière responsable au Sénégal. Elle a regroupé 25 participants issus du consortium Reformons le Foncier, du CRAFS et autres acteurs de la société civile qui travaillent sur la gouvernance foncière au Sénégal.

Outiller la Société Civile
Selon Cheikh Omar Ba, Directeur Exécutif de l’Initiative Prospective Agricole et Rurale (Ipar), l’objectif du séminaire de 3 jours est de permettre aux acteurs de la société civile d’obtenir les arguments et les outils nécessaires pour dialoguer avec l’Etat, dans le cadre de la réforme foncière du Sénégal. A l’en croire, « le principe, ce n’est pas de faire seulement des propositions, mais plutôt de faire des propositions qui soient portées par l’Etat, acceptées par la Société civile et par tous les acteurs. C’est ça l’enjeu ». D’où l’importance, selon lui, de mieux informer la Société civile pour être à mesure de discuter sur les propositions de l’Etat afin de les rendre beaucoup plus d’intérêt général. En outre la rencontre va permettre d’harmoniser les positions de la Société civile pour aller ensemble vers une réforme participative et inclusive.

Sécurisation de l’exploitation familiale
Pour sa part, Aissata Dia, Directrice des Programmes à ActionAid Sénégal a estimé que les exploitations familiales doivent être sécurisées, même si le besoin en investissement à grande échelle est réel. Pour elle, la gestion responsable du foncier au Sénégal suppose que « la réforme foncière fasse de telle sorte que l’agriculture familiale soit pérennisée, soit appuyée, et faire en sorte que 70% des populations aient accès à la terre et continuent d’avoir accès à la terre ». Cela, sans occulter la place de la femme dans l’octroi des terres, dit-elle.

Mettre les bœufs avant la charrue
Revenant sur les raisons des échecs des précédentes réformes foncières, Oussoubé Touré, spécialiste en Foncier Pastoral a informé que les autorités avaient l’habitude de privilégier une démarche à caractère normative au détriment des politiques foncières. Ainsi, a-t-il proposé de déterminer d’abord une politique foncière sur les questions de fond avant d’aller vers une réforme, en faisant appel à des juristes pour leur faire part des attentes de la réforme. L’avantage d’une telle démarche permet, selon lui, de s’entendre sur les finalités des réformes et de trouver les mesures d’accompagnent pour que la réforme soit opérationnalisée. « La réforme ne sera que la traduction juridique des accords que vous avez pris » a-t-il ajouté.

Directives Volontaire, le salut des petits producteurs
Par conséquent, les enjeux d’une politique foncière reposent entre autres, selon lui, sur la sécurisation des droits fonciers à l’exploitation familiale, tout comme l’enjeu de l’amélioration de la gouvernance foncière. Il en ressort aussi celui de la promotion de l’agriculture entrepreneuriale, sans oublier l’enjeu sociopolitique, gage de garantie de la stabilité et de la paix, a-t-il estimé. D’où l’importance des Directives Volontaires qui apparaissaient comme un moyen de sécuriser les droits des petits producteurs face aux grandes entreprises d’agrobusiness.

Source : http://www.sudonline.sn/actionaid-outille-la-societe-civile_a_20668.html