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Nadjirou Sall, secrétaire général de la FONGS

1er juin 2014

Nadjirou Sall est le secrétaire général de la Fédération des ONG du Sénégal (FONGS). Il est président du comité technique de préparation du forum international co-organisé par le CNCR et la FONGS le 29, 30 novembre et 1er décembre 2010 à Dakar. Nous l’avons rencontré lors du dernier comité de pilotage organisé fin septembre à la Somone.

1. La FONGS et le CNCR organisent en novembre prochain un forum international sur le thème « Les exploitations agricoles familiales peuvent nourrir le Sénégal ». Comment est née l’idée de ce forum ?
Ce forum est issu d’un processus de réflexion mené depuis plusieurs années au sein de la FONGS qui visait à renouveler la production de connaissances et analyser les dynamiques paysannes. Très impliquée dans le suivi des exploitations familiales, il était évident pour la FONGS de s’intéresser aussi à leur productivité et de voir en quoi elles apportent leur contribution au pays. Un suivi de plus de 700 exploitations familiales a ainsi été réalisé dans tout le pays, avec l’appui de l’IPAR. Il s’agissait ensuite de savoir comment capitaliser ces analyses et partir de ces acquis pour améliorer la situation dans l’agriculture.
La FONGS faisant partie du mouvement paysan, c’est très naturellement qu’elle a soumis son travail au CNCR, qui anime le mouvement au niveau national, voire international. L’idée a alors germé de partager ce travail dans le cadre de l’organisation d’un forum à caractère international où le débat serait posé sur la performance des exploitations familiales.

2. Quels sont les principaux résultats de l’étude menée par la FONGS et le CNCR ?
L’étude menée sur les 700 exploitations a permis de dégager 9 images qui illustrent les caractéristiques des différents types d’exploitations familiales dans les différentes zones agro-écologiques du pays. D’après les résultats obtenus, les exploitations familiales pourraient nourrir le pays si certaines conditions étaient assurées : (i) repenser l’approche de leur productivité en s’intéressant à leur productivité globale ; (ii) améliorer les politiques d’aménagement de l’espace et de gestion des ressources naturelles pour que les exploitations maîtrisent mieux leur espace ; (iii) assurer l’insertion des exploitations dans un tissu économique et social régional qui stimule leurs progrès.
Le deuxième résultat important de ce travail, c’est qu’il a été repris par le mouvement paysan national. A travers le CNCR, toutes les organisations sont mobilisées pour développer un argumentaire qui permette d’indiquer la voie : donner la priorité aux exploitations familiales.

3. Quels impacts attendez-vous de ce forum ? Quel rôle l’IPAR pourrait y jouer ?
Nos attentes se situent à plusieurs niveaux. Il s’agit d’une part pour la famille paysanne de partager ses analyses avec les autres acteurs (Etat, partenaires techniques et financiers, secteur privé, autres organisations professionnelles, etc.). La famille paysanne va aussi s’engager sur ses propres responsabilités et interpeller les autres acteurs sur les leurs . Enfin, nous mettrons collectivement en œuvre des recommandations fortes concernant l’investissement autour des exploitations familiales.
Nous attendons beaucoup de ce forum en termes de présence, de participation et de visibilité pour les propositions paysannes. Si toutes ces conditions sont remplies, ce sera pour nous un grand succès. Pour la suite, nous avons déjà prévu un Congrès du CNCR, qui suivra immédiatement le forum et pourra prendre en charge ses principales conclusions.
L’IPAR est un de nos partenaires stratégiques. Elle nous accompagne depuis de nombreuses années dans ce travail sur la productivité des exploitations familiales et poursuit son engagement à nos côtés. Elle est représentée à un double niveau : au sein du comité de pilotage (instance décisionnelle) et au sein du comité technique, qui est la cheville ouvrière de la préparation du forum et regroupe le CNCR, la FONGS et l’IPAR, à travers son secrétaire exécutif.