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Poumon horticole du pays : La zone des Niayes menacée par l’urbanisation galopante

16 juillet 2014

La boulimie foncière que subit la zone des Niayes hante le sommeil des autorités étatiques. Hier, en visite dans la zone, le ministre de l’Agriculture et de l’Equipement rural a exprimé toute son inquiétude sur l’avenir de l’horticulture qui s’y pratique. Dr Papa Abdoulaye Seck souhaite que des mesures additionnelles soient prises pour sa protection.La problématique de la gestion du foncier dans la zone des Niayes préoccupe le ministère de l’Agriculture et de l’Equipement rural. Hier, en visite dans la zone, le patron de ce département, Dr Papa Abdoulaye Seck, accompagné de différents acteurs du monde rural, avait du mal à trouver les mots pour qualifier l’ampleur de la spéculation foncière que connait en ce moment cette contrée. Réputées jusque-là comme étant la principale bande horticole du Sénégal, les Niayes, comme l’a constaté le ministre de l’Agriculture et de l’Equipement rural, connaissent une urbanisation galopante et une pression foncière de nature à ne pas favoriser la matérialisation des objectifs que s’est fixé l’Etat en matière d’horticulture. « Sans une zone des Niayes protégée, il serait difficile d’atteindre les objectifs en termes de production et d’exportation des produits horticoles au Sénégal », a-t-il affirmé.

Des périmètres de la Goana… lotissés
Dr Seck a soutenu que la disparition de la zone des Niayes aura une conséquence fâcheuse sur la production horticole avec comme corollaire la hausse des prix des légumes et une dégradation totale de l’écosystème, en sus de l’effondrement des revenus dans cette partie du pays. « C’est pourquoi le président de la République a instruit les services administratifs à tout mettre en œuvre pour préserver la zone », a-t-il laissé entendre. Face à l’ampleur du phénomène, il faudra prendre des mesures additionnelles pour protéger les Niayes, a souhaité Papa Abdoulaye Seck, annonçant la tenue de rencontres sectorielles pour arrêter la pression foncière et l’empiétement des terres agricoles dans le secteur. « Des décisions seront prises avec célérité pour assurer la protection de la zone », a-t-il avancé.
En effet, de Berthialane (communauté rurale de Bambilor) à Noflaye, dans le Sangalkam, des maraîchers ont profité de la visite ministérielle pour évoquer dans toute sa dimension la pression foncière qui sévit dans la zone des Niayes. Selon le président de la coopérative agricole « Sam Samomel » de Bambilor, Bira Cissé, si l’Etat n’y prend pas garde, c’est environ 1.042 hectares de vergers qui fileront entre les mains des producteurs de la zone pour servir de lotissement à usage d’habitations. Les litiges fonciers sont aussi signalés sur une bande de 10 kilomètres de terres arables dans le même secteur. Il en est de même des emprises de l’Institut sénégalais de recherches agricoles (Isra) à Sangalkam, notamment dans les anciens domaines de la Grande offensive agricole pour la nourriture et l’abondance (Goana) attribués, à l’époque, à certains exploitants. Ces derniers, selon un chercheur de l’Isra, ont préféré transformer ces périmètres agricoles en zone d’habitat. Un phénomène qui risque d’hypothéquer l’ambition des chercheurs de faire de cette partie de la communauté rurale de Sangalkam, le poumon vert du Sénégal en matière d’agriculture.

Des producteurs demandent le rétablissement des infrastructures hydrauliques
Le manque d’eau dans les Niayes serait, selon plusieurs producteurs, à l’origine de la pression foncière exercée sur les terres arables de la zone. Ces derniers qui ont profité de la visite effectuée, hier, par le ministre de l’Agriculture et de l’Equipement rural, Dr Papa Abdoulaye Seck, estiment que le rétablissement des infrastructures hydrauliques, notamment les forages de Berthialane et de Thiaroye, pourrait constituer une solution à la préservation des périmètres maraîchers. D’après Ibrahima Mbengue, président des maraîchers de la zone des Niayes, la seule solution pour lutter contre la pression foncière dans la zone, c’est de mettre à leur disposition des réserves d’eau, afin qu’ils puissent redonner à cette bande de terre sa vocation agricole d’antan. Gana Ndoye, secrétaire général des utilisateurs du réseau de Berthialane, s’est réjoui des efforts consentis par le gouvernement pour répondre à cette attente.

4,7 milliards de FCfa débloqués pour réfectionner le forage de Berthialane
Interpellé sur la problématique de l’eau dans les domaines agricoles de la zone des Niayes, le ministre de l’Agriculture et de l’Equipement rural a réitéré aux producteurs maraîchers l’engagement de l’Etat à poursuivre la politique d’approvisionnement en eau des hectares de terre répartis dans la zone. Selon Papa Abdoulaye Seck, l’Etat a déjà dégagé une enveloppe de 4,7 milliards de FCfa pour rétablir l’ancien forage de Berthialane, en panne depuis 1999. A en croire le secrétaire général des utilisateurs du forage de Berthialane, présentement, il ne reste que les branchements à effectuer par les producteurs eux-mêmes. « Toutes les dispositions sont prises pour structurer les modes de gestion et voir comment utiliser, de façon optimale, les ressources en eau », a dit le ministre.

Seydou Prosper SADIO

Source : http://www.lesoleil.sn/index.php?option=com_content&view=article&id=41524:poumon-horticole-du-pays--la-zone-des-niayes-menacee-par-lurbanisation-galopante-&catid=78:a-la-une&Itemid=255  ;