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Ruralstruc Sénégal note de synthèse n° 4 : dynamiques de restructuration et accès aux marchés des ménages ruraux

Les années 1980 marquent un tournant décisif dans la politique économique du Sénégal avec la libéralisation et la restructuration des marchés agricoles et agro-alimentaires. Les filières d’exportation au cœur de l’économie agricole « de rente » sénégalaise centrée sur l’arachide ont été profondément transformées :

  • démantèlement d’un système de production et de commercialisation contrôlé par l’Etat (1980-84) ;
  • privatisation des Offices (ONCAD) et des entreprises publiques de transformation (SONACOS, 1984-2005) ;
  • émergence de nouvelles agro-industries privées ;
  • fin de la négociation des prix au producteur au sein de la filière arachide et de l’obligation d’achat de la production ;
  • développement d’un marché parallèle de vente directe, etc.

Le retrait de l’Etat de la production, de la transformation, de la commercialisation, des importations et de la distribution a eu pour conséquence le développement d’organisations de producteurs, l’émergence de nouveaux « entrepreneurs agricoles » et celle de nouvelles formes d’activités privées hors exploitation (transformation du riz, commercialisation, services agricoles, fourniture d’intrants, etc.). Parallèlement, de nouvelles filières ont émergé en réponse à la restructuration globale des marchés, à l’évolution de la demande et à la crise agricole, fortement liée à l’arachide. Une production de fruits et légumes haut de gamme destinée à l’export a été développée par un petit nombre de producteurs (moins de 10 000) localisés dans des zones agro-climatiques favorables (ex. Niayes) mais aux conditions écologiques incertaines (dunes de sable). Dans un contexte marqué par de forts aléas pluviométriques et la dégradation des sols, la filière manioc a pris de l’ampleur dans le vieux Bassin Arachidier, en réponse à la croissance de la demande urbaine. Même si l’on note un renforcement de la pluriactivité et le développement des activités non agricoles dans certaines régions (voir Fiche 3), les productions végétales et animales restent au cœur des activités et des revenus de la plupart des ménages. Ainsi le niveau d’insertion et d’intégration aux marchés en mutation a été et reste un facteur important de différenciation entre ménages agricoles.